Au Togo, la confection de batiks devient un tremplin pour l’autonomie des femmes

Chantal Donvide in her studioLes tissus batiks accrochent le regard, avec leurs motifs aux couleurs vives, en forme de fleur ou de spirale, qui se répètent à la manière d’une toile d’araignée.

Chantal Donvidé, fondatrice d’Aklala Batik et participante en 2012 au programme du département d’État pour l’entrepreneuriat féminin en Afrique (AWEP), s’initie à cette technique de teinture en 1999 à Kpalimé, au Togo. Couturière à l’époque, elle se remettait d’une maladie qui limitait sa mobilité. Elle n’avait même pas le droit d’utiliser sa machine à coudre, à cause des mouvements du pied exigés par la couture par machine.

“J’ai décidé de suivre un cours sur la confection de tissus batiks,” raconte Chantal. “Non seulement j’ai été enchantée par cette technique — mais j’ai eu envie de la partager avec d’autres femmes.”

Aujourd’hui, ajoute-t-elle, Aklala Batik propose une formation en technique du batik et en couture à des Togolaises de tout le pays. Une façon de donner aux femmes et aux filles les moyens d’acquérir leur indépendance financière.

Detail of a batik fabricLes vêtements, sacs à main et autres accessoires qu’elles confectionnent, Chantal les vend aux États-Unis en vertu de la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA), qui vise à créer un environnement commercial plus convivial et à promouvoir le commerce entre les États-Unis et le continent africain. En vendant des produits couverts par l’AGOA, Chantal est en mesure de les expédier aux États-Unis en franchise de douane. Elle bénéficie aussi d’autres avantages.

Chantal sait qu’il faut respecter scrupuleusement les conditions imposées par l’AGOA pour être admissible à ce régime préférentiel

“J’ai suivi les normes pour le Togo et j’ai respecté les délais stipulés,” assure-t-elle.

Mais elle estime qu’un autre facteur a joué en sa faveur, à savoir sa connaissance approfondie du marché et des goûts des consommateurs.

“Vous devez trouver les clients qui ont besoin de vos produits,” souligne-t-elle. “C’est la seule façon par laquelle votre entreprise peut se démarquer.”

Mais elle ne se contente pas de répondre aux besoins du marché. Dans son esprit, en travaillant avec des artisanes, elle permet à des femmes de prendre un nouveau départ dans la vie.

“Nous donnons à ces femmes le moyen de créer une famille, une communauté et une économie plus fortes,” se félicite Chantal. “À la base, il s’agit de promouvoir les droits des femmes, l’éducation et la formation en créativité.”

En plus des cours de teinture et de couture, Chantal et ses collègues offrent aux femmes une formation en développement personnel et à l’entrepreneuriat féminin.

L’action que mène Chantal puise également son origine dans sa participation à l’AWEP, un programme axé sur la recherche et la construction de réseaux de femmes entrepreneures dans toute l’Afrique subsaharienne.

Chantal and colleaguesAu fil des ans, Chantal a découvert que l’intérêt porté aux personnes vulnérables donnait un sens à son travail. Élevée dans une famille de sept enfants, elle apprend à un jeune âge la valeur des liens d’amitié et des réseaux solides ; aujourd’hui, elle inculque à d’autres femmes les compétences dont elles ont besoin pour fonder des organisations, faire des rencontres et contribuer à l’avenir du pays.

“Aider les autres, c’est une grande joie pour moi, confie Chantal. C’est ce que ma famille m’a toujours encouragée à faire. Quelque chose d’aussi simple que de livrer des fournitures scolaires à des institutions locales ou à des orphelinats, c’est déjà ça.”

Mais c’est son travail avec les femmes qui est une source d’inspiration pour elle aujourd’hui. Elle est convaincue qu’il incombe à tous les parents d’insister sur l’autonomisation des femmes, d’élever leurs filles pour qu’elles soient financièrement indépendantes et de créer une réalité plus équitable pour les générations futures.

“Les parents doivent apprendre à leurs filles que leur avenir ne se limite pas à avoir un bon mari, répète Chantal. Ils doivent souligner l’importance d’avoir un bon travail et une bonne place aussi dans la société.”

Grâce aux cours de batik, de couture et d’autonomisation des femmes, Chantal et ses collègues imaginent un nouvel avenir pour leurs compatriotes et, par le biais de programmes économiques tels que l’AGOA et l’AWEP, elles font de cet avenir une réalité.

Vous voulez en savoir plus sur l’AGOA ? Lisez notre guide sur La Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA) et explorez nos ressources commerciales sur notre page YALI Professionals.

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