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Il n’y a rien de bon à vendre son vote
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February 5, 2016

graphic of a person being paid to vote
(Département d’État/Doug Thompson)

Dans beaucoup de pays, c’est monnaie courante : les candidats politiques couvrent les électeurs de cadeaux: t-shirts, gourmandises, et même de l’argent. Dans certaines parties du monde, c’est une pratique ancestrale ; les candidats pensent que de l’argent bien investi leur apportera le vote des électeurs le jour des élections.

Mais vendre son vote revient à ouvrir la porte à la mauvaise gouvernance et à encourager la corruption. Et en toute probabilité, cela empêche certains candidats, peut-être parmi les meilleurs, de briguer des postes électifs.

Nic Cheeseman, de l’université d’Oxford, s’est entretenu avec des membres du Parlement de plusieurs pays africains. Ils expliquent que si leurs collègues sont susceptibles de céder à la tentation de la corruption, c’est à cause des frais importants qu’il faut engager pour se faire élire. « Les élections peuvent coûter quatre ou cinq fois le salaire annuel d’un membre du Parlement. C’est pour ça que le financement des élections peut tomber dans un cycle de corruption politique », commente Nic Cheeseman. Cette corruption empêche les candidats peu fortunés de chercher à se faire élire, même s’ils sont très qualifiés.

« Tant que [vous, l’électeur] pensez voter à bulletin secret, il est vraiment tentant de prendre de l’argent à droite et à gauche, sachant que vous allez voter selon votre conscience et vos opinions de toute façon », ajoute-t-il.

La professeure Jenny Guardado, politologue qui enseigne à la School of Foreign Service de l’Université de Georgetown, se range à cette théorie. Elle s’appuie sur les résultats du sondage d’Afrobarometer*, un institut de recherche panafricain. D’après les rapports de l’étude, les électeurs d’Afrique subsaharienne croient fermement que leur vote est secret. Dans les pays africains, ajoute Jenny Guardado, « 55 % des personnes à qui on a offert des cadeaux en ont reçu de plusieurs partis ». Ces personnes voteront en fonction de leurs opinions ou bien « suivront d’autres avis »

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Essayer d’acheter des votes « perpétue une forme de politique par laquelle les dirigeants ne ressentent pas le besoin de vraiment répondre aux préoccupations des citoyens », explique Nic Cheeseman. (© AP Images)

Pourquoi essayer ?

Si on ne peut pas vraiment acheter les votes des électeurs, alors pourquoi les candidats distribuent-ils de l’argent ?

Nic Cheeseman a son opinion sur la question : « Si les candidats offrent de l’argent, dit-il, ce n’est pas parce qu’ils croient que ça va les aider à gagner les élections, mais parce que les électeurs l’exigent. »

En fait, beaucoup de candidats considèrent « l’achat de votes » comme une pratique onéreuse et inefficace. Mais les électeurs doivent prendre conscience des problèmes qu’ils créent en acceptant les cadeaux. Quand des candidats distribuent de l’argent, la corruption risque d’augmenter en rendant les fonctionnaires redevables envers des personnes autres que celles qu’ils sont censés servir.

Son conseil aux représentants qui cherchent à se faire réélire : « Si vous pouvez montrer que vous avez fait construire une école dans votre district, les membres de votre collectivité seront beaucoup plus enclins à voter pour vous que si vous leur offrez de petites sommes d’argent pendant votre course aux élections. »

Au lieu d’accepter de l’argent de la part des candidats, demandez-leur plutôt des engagements – des promesses précises faites à votre communauté et qu’ils s’engagent à tenir. À vous ensuite de veiller à ce qu’ils tiennent parole.

Si vous voulez prendre les choses en mains et œuvrer à l’amélioration de votre collectivité, ces conseils vous guideront pour organiser des événements faisant appel à des volontaires. Consultez aussi le module « Engager un dialogue avec les candidats et les élus », par Lex Paulson, dans le cours en ligne Comprendre les élections et la responsabilité citoyenne.