Tresser des liens entre les entreprises africaines et le marché mondial : Pourquoi une Ougandaise forme des femmes à vendre leurs articles de vannerie à l’étranger

Anne Kabahuma and some of her productsUn jour, en rentrant chez elle, à Fort Portal (Ouganda), Anne Kabahuma remarque des enfants qui jouent sur le bord de la route. La scène a quelque chose de familier.

“C’étaient les enfants de mes camarades de classe,” raconte Anne. “Ils étaient là parce que leurs parents n’avaient pas assez d’argent pour les envoyer à l’école.”

Anne se souvient aussi que ses camarades de classe, les mères de ces enfants, étaient très douées pour tresser des paniers traditionnels qu’elles utilisaient chez elles.

“Ce jour-là, je me suis demandé : Et si on pouvait utiliser ces paniers ? Si on pouvait les vendre ? Est-ce que ces enfants auraient autre chose à faire que de traîner dans la rue ?”

Aujourd’hui Mandela Washington Fellow, Anne a fondé la galerie Tooro à Fort Portal avec précisément cet objectif en tête : donner aux femmes une plateforme pour confectionner et vendre leurs articles à l’étranger.

Anne Kabahuma's products“Nous avons commencé par travailler avec des organisations de femmes dans les villages du pays, explique Anne. Nous avons ensuite formé des femmes à tresser des paniers uniques et à concevoir des objets céramiques originaux qui répondent aux normes officielles. Enfin, nous les avons aidées à présenter et à faire connaître leurs produits auprès d’un public international.”

Anne travaille surtout avec les femmes dans la région de Rwenzori, dans l’ouest de l’Ouganda, connue pour sa vannerie raffinée.

“Nous voulions donner une touche de modernité aux motifs traditionnels,” poursuit Anne. “Nous l’avons fait en ajoutant de nouveaux pigments et de nouvelles formes.”

Lorsqu’elle travaille avec des artisanes, Anne fait tout son possible pour s’assurer que leurs articles sont conformes aux normes internationales, telles qu’elles sont stipulées dans la loi sur la croissance et les opportunités économiques en Afrique (AGOA).

Ce sont les normes définies par l’AGOA, explique Anne, qui donnent aux chefs d’entreprise africains la possibilité de commercialiser leurs produits aux États-Unis.

En particulier, la jeune femme respecte l’interdiction du travail des enfants et s’astreint au plus haut degré de transparence dans son entreprise.

Anne encourage tous ceux qui veulent toucher un public étranger à commencer par se familiariser avec les lignes directrices de l’AGOA, comme celles qui sont présentées dans ces toolkits conçus pour divers pays.

Anne Kabahuma and others making basketsAutre point tout aussi important : il faut inventer un article unique, conseille la jeune femme, un article qui permet à une entreprise de se démarquer sur les marchés à l’étranger.

“Votre produit doit être unique,” explique Anne. “Il doit vraiment vous représenter dans l’AGOA. Vous pouvez le différencier en le présentant de façon très esthétique ou en l’associant à une histoire qui interpelle les gens.”

“Faire connaître son entreprise à des publics étrangers vous donne aussi l’occasion de découvrir ce que les gens aiment, de mieux les comprendre”, ajoute-t-elle.

Le processus par lequel on comprend les goûts du marché, conjugué à l’étroite collaboration avec les artisanes, a conforté Anne dans sa conviction que tout le monde a quelque chose de valeur à partager; l’astuce, c’est de découvrir cette sagesse et de la partager autour de soi.

“Tous les jours, je rencontre des femmes qui ne sont jamais allées à l’école, mais qui fabriquent des paniers tellement beaux, s’enthousiasme-t-elle. En les aidant à faire connaître leurs produits, nous leur donnons un avenir.”

Vous voulez en savoir plus sur l’AGOA ? Lisez notre guide sur La Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA) et explorez nos ressources commerciales sur notre page YALI Professionals.

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